Un geste transgressif ouvre la saison 26.27 de Charleroi danse à La Raffinerie : la création d’une porte ! Un passage discret reliera la salle Polyvalente - lieu mythique des soirées cabarets, des Fancy Legs, du Plan K - à la cour de Cassonade, un espace de rencontres chaleureux et solidaire, porté par Alwakan. Dans cette brèche spatiale s’invente une vie nocturne élargie, où pratiques artistiques et dynamiques communautaires se rencontrent pour reconfigurer les usages de l’institution.
Ce déplacement constitue le point de départ de Vestiaire, projet de curation nocturne imaginé par Marie Umuhoza - également curatrice d’Africa is/in the Future - et Vivi Focquet, duo fondateur de l’asbl Era.
Ensemble, iels développent une approche où production et dramaturgie s’articulent étroitement, au service d’espaces pensés comme lieux d’expérimentation.
Conçue par Decoratelier/Jozef Wouters, la scénographie de cet évènement prolonge ce propos. Une structure modulable - à la fois tribune, piste et scène - favorisera la co-présence intime des corps, des pratiques et des regards. Un dispositif en résonance avec Space for the night, une conférence sur les relations entre danse et espace nocturne pensée par Jozef Wouters.
L'autre entité de cette collaboration, Alwakan, est un lieu culturel naissant, dédié à la production créative et à l'économie sociale. Voisin de Charleroi danse, Alwakan habite une autre partie de l'ancienne raffinerie de sucre, restée intacte et figée dans le temps. Le festival Vestiaire offre la première occasion de raviver les connexions oubliées de l'ancienne usine et d'inventer une nouvelle perméabilité entre ces lieux qui n'attendaient que de se retrouver.
Vestiaire s’épanouira à partir de la fin du mois d'août, grâce à des discussions curatoriales avec des artistes invité·e·s, activant une configuration spécifique : les artistes investissent l’espace, en définissent les dynamiques expériencielles. Le night-club devient centre d’art, un cadre de collisions joyeuses, capable d’accueillir des formes hybrides et des récits pluriels. Un seuil actif où la magie opère : entrer, quitter l’habit du quotidien et changer d’état, au profit d’une version festive du réel.
Situées rue de Manchester, ces soirées s’intègreront naturellement à une géographie riche en imaginaires rassembleurs. Avec ce projet spécifique, Charleroi danse ouvre ses espaces, active des alliances, et inscrit la création dans des dynamiques élargies. La fête apparaît ici comme un espace de production - artistique, social, politique - et de confluences enjouées.